Eglise
Saint-Ayoul
Laissons à
Monseigneur VEISSIERE, le soin de présenter les origines de l'Eglise
Saint-Ayoul : "Au cours du Xiè siècle, Provins connaît un nouveau
développement. Il serait consécutif à la découverte du corps de saint
Ayoul, près de la chapelle Saint-Médard, dans la vallée, située à l'est
du château. En 996, la solennelle exhumation de ses restes s'était faîte
en présence de l'Archevêque de Sens, Sévin, du Comte Etienne et de
nombreux dévôts. 1048 verra la fondation d'un prieuré bénédictin où
trente moines de Montier-la-celle, sous la direction du prieur Robert,
viendront assurer d'une manière plus convenable le service de Dieu et le
culte des saints".
La première église fut construite à partir de 1048. Pierre de Celles, qui
fut ensuite abbé de Saint-Rémy de Reims, nous apprend qu'un immense
incendie ravagea l'église en 1160. Nous n'avons pas de preuves
archéologiques de cet incendie, mais nous savons que l'église fut
reconstruite ainsi que le couvent. Le chevet du Xiè siècle, de plan
circulaire, à déambulatoire ouvrant sur trois absidioles rayonnantes et le
transept lui-même orné d'une absidiole orientée sur chacun de ses bras,
fut transformé et l'on construisit au XIIIè siècle, à l'emplacement des
absidioles sur le bras sud du transept, un nouveau choeur dit "Chapelle
des Bénédictins".
Ce choeur fut construit en raison des désaccords qui régnaient entre les
paroissiens et les moines. Au XVIè siècle, la dispute entre le clergé
séculier et le clergé régulier rendit nécessaire l'élévation d'un mur
au niveau du transept, séparant physiquement l'église paroissiale de
l'église conventuelle. Une nouvelle abside plus petite fut érigée au
nord-est, le long de la chapelle des Bénédictins.
Le plan de l'église actuel, dont la moitié seulement est consacrée au
culte, comprend une nef flanquée d'un bas-côté sud et d'un double
bas-côté nord. La nef est du XIIIè siècle. Le bas-côté sud, dont les
baies ont été remaniées, fut construit en même temps que la nef. Le
bas-côté nord conserve trois voûtes du XIIIè siècle mais vers 1550, le
mur extérieur fut remplacé par des colonnes s'ouvrant sur le second
collatéral éclairé de larges fenêtres à remblages Renaissance.
Les trois portails de la façade ouest furent sculptés vers 1160. La porte
centrale, en tiers point est ornée de quatre statues-colonnes sur chacun
des pieds-droits, malheureusement celles-ci furent mutilées pendant la
Révolution. Le tympan original a été remplacé par une oeuvre due au
sculpteur contemporain Jeanclos. Il figure le Christ en majesté entre les
quatre évangélistes.
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