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Couvent des Cordelières -
historique
La charte de fondation du monastère
par Thibaud IV porte la date de 1248. Cependant les religieuses
Cordelières envoyées par sainte Claire d’Assise elle-même (la sœur de
Saint François) s’installèrent à Provins avant cette date et reçurent
l’hospitalité au Palais jusqu’à l’achèvement des travaux. Thibaud IV, puis
Thibaud V lui accordèrent de substantiels revenus ; le Pape accorda des
indulgences aux donateurs ; Jeanne de Navarre, dernière Comtesse de
Champagne, épouse de Philippe le Bel, aida généreusement à l’établissement
de ce monastère. Le Pape autorisera même les comtes de Champagne à y
séjourner ; un logis spécial fut bâti pour les recevoir.
L’église et les bâtiments réguliers s’érigèrent jusqu’au début du XIVe s..
Chapelains et confesseurs des religieuses venaient de Sainte-Croix,
paroisse dont dépendait ce couvent. La période de prospérité sera de
courte durée. Ce monastère fondé hors les murs de la ville fut une
position stratégique, adoptée au fil des siècles par les assiégeants. Dès
la fin du XIVe s., le monastère fut ravagé et abandonné par ses occupantes
qui se réfugièrent au Palais. L’église fut quasi détruite et les Anglais
lors du sac de Provins en 1432, la ruinèrent complètement.
Au XVe s., les Cordelières ruinées dans leur monastère, parvinrent à faire
construire une nouvelle église rectangulaire en saillie sur l’aile Est,
celle qui nous est parvenue. Cette église bâtie entre deux pillages brûla
à deux reprises. Les travaux de réfection ne modifièrent pas son aspect.
Le berceau de bois la couvrant fut posé en 1580. Deux portes permettaient
l’entrée, une située dans le mur Ouest de l’église donnant accès par le
cloître et l’autre au Sud, protégée par un petit porche servant à abriter
les Pères venant officier dans leur trajet de l’église à leur logis
proche.
En 1505, l’Archevêque autorisa les religieuses à quêter pour la
réédification de leur monastère. En 1560, l’imprudence d’une sœur livra le
dortoir, l’église et une partie du Chapitre aux flammes. Ces bâtiments
furent refaits rapidement, mais dès 1567, les Huguenots occupant les
alentours de Provins, le gouverneur fit mettre le feu aux quatre coins du
couvent pour les empêcher d’y loger. Les religieuses séjournèrent à
nouveau au Palais des Comtes. En juillet 1580, l’édifice fut rendu au
culte, mais dès août 1592, Henri IV y campa avec un grand nombre des
siens, environ 5 ou 6 jours. Les habitants de Provins tirèrent du canon
vers le pavillon résidentiel du roi et parvinrent à le déloger. La ville
capitula début septembre ; le roi donna l’ordre de récompenser les
Cordelières des pertes et démolitions subies.
Elue abbesse en 1596, les réparations incombèrent à Jeanne d’Alonville,
historienne qui fit des recherches poussées concernant l’histoire de ce
couvent, et qui nous a transmis un précieux cartulaire décrivant le passé
et son présent.
En 1622, révolution domestique, les sœurs quittèrent l’habit blanc pour la
même étoffe grise que les Cordeliers. Ces frères détenant la direction
spirituelle du couvent prirent une place très équivoque. L’inconduite fut
telle que les religieuses restées sérieuses demandèrent un changement de
direction et la protection de l’Archevêque qui expulsa les frères
Cordeliers et nomma un confesseur. Soutenus par quelques religieuses, les
Frères obtinrent un décret en leur faveur, c’est alors que parut, en 1668,
le «factum pour les religieuses de Sainte Catherine contre les Pères
Cordeliers», dénonçant les infamies attribuées aux frères. Si ceux-ci
protestèrent, aucun argument valable ne les disculpèrent. En 1669, un
arrêt du Parlement place ce monastère sous la direction de l’Archevêque.
En 1664, on comptait plus d’une trentaine d’âmes, et seulement 3 en 1738.
Le décret d’extinction parut en 1742 et l’érection en hôpital général en
1743. Une nouvelle congrégation s’installa avec mission de servir les
pauvres. De gros frais furent alors engagés pour loger séparément les
indigents des deux sexes.
La Révolution résolut certaines difficultés financières, laissant à
l’abandon de nombreuses dépendances qui finirent par s’écrouler. En 1791,
un cortège venant du Couvent des Jacobins détruit apporta en grandes
pompes le cœur de Thibault V, pour le réunir à sa dépouille, puis en 1794,
un autre cortège armé s’empara des ossements des comtes rassemblés là pour
les jeter dans le bassin du Grand Canal. Le cœur inséré dans un petit
monument fut sauvé.
L’ordre revenu, l’hôpital général accueillera les nécessiteux pendant près
de deux siècles. La cour centrale, carrée était dessinée par 3 grands
corps de logis, fermée au Sud par l’église du XIIIe s.. Ce quadrilatère
était bordé sur les 4 côtés d’une galerie. Seules 2 subsistent à l’Est et
à l’Ouest, toutes 2 sauvées en 1843 grâce à l’intervention de P. Mérimée à
la suite de la destruction de la galerie Sud demandée par l’administration
de l’Hospice de Provins. La galerie Ouest est la plus ancienne du XIIIe
s.. La galerie Est date certainement d’une campagne de travaux du début du
XVIe s.. La galerie Nord disparut lors de la réfection du corps de
bâtiment Nord refait en 1762, la galerie Sud était adossée aux vestiges de
l’église du XIIIe s. dont les fondations persistent.
En 1981, la Bibliothèque nationale y a installé une annexe destinée à la
conservation, la restauration et la reproduction de la presse en
particulier. Ses ateliers désacidifient et renforcent les papiers très
fragiles des XIXe et XXe siècles et préparent les collections avant
micro-filmage. Ses magasins conservent, dans les meilleures conditions,
les journaux déjà microfilmés et des microfilms.
Depuis quelques mois, le Couvent des Cordelières, propriété de l’État,
accueille le stockage et le dépôt du Musée national des monuments
français.
Dès cette rentrée universitaire, seront déployés dans ces murs les
diplômes relatifs au secteur du tourisme et du patrimoine culturel :
licence professionnelle tourisme - option “nouvelles technologies
appliquées au tourisme”, licence professionnelle tourisme - option
“patrimoine”, diplôme national de guide interprète (Université de
Marne-la-Vallée)
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